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Le don d'organes


Par le Professeur Christian CABROL

La transplantation d"organes permet de sauver des milliers de personnes, sans cela condamnées. Mais elle ne peut se faire que grâce au don d'organes.

Ce don est en effet indispensable à la réalisation de toute greffe. L’emploi de greffons provenant d'animaux est encore impossible et la réalisation d’organes artificiels, (en dehors d’un emploi temporaire pour le coeur), n'est pas prévisible à court terme. Le greffon ne peut donc provenir que d'un autre organisme humain et peut être donné soit du vivant du donneur soit après sa mort. Le don du vivant n'est possible pratiquement que pour le rein, rarement pour une partie du foie ou du poumon et pour éviter toute dérive morale ou tout commerce, il est strictement réglementé. En France, il représente moins de 50 % des greffes.

Le don après la mort ne peut se faire que dans des circonstances particulières, celle de la mort cérébrale ou mort encéphalique, où seul le cerveau est détruit, laissant les autres organes intacts. C’est dans ces conditions que, à la suite d’un accident, d’un attentat ou d’un suicide (balle dans la tête) ou de la rupture d’un vaisseau à l'intérieur du crâne l'on est amené à solliciter le don. En cas de décès d'un mineur, il faut l’autorisation écrite des deux parents. Pour un majeur, si le défunt n'a pas exprimé de son vivant sa volonté, la loi fait obligation de demander à sa famille non pas une autorisation mais ce qu’elle peut savoir d’une opposition éventuelle du défunt à ce don.

Les conditions dramatiques de ce décès d’un être cher, expliquent que dans près de la moitié des cas, le don est refusé. La mort dans ces circonstances est trop brutale, inopinée, frappant une famille qui ne peut pas croire à la mort et le refus est plus le refus de la mort que le refus du don. D'autant plus que l’aspect de cette mort est très particulier et garde de nombreuses apparences de la vie. De plus le don d'organes paraît à la famille une mutilation supplémentaire, un irrespect à l’image de leur proche. Il est difficile de faire comprendre combien le prélèvement est une opération minutieuse, réglée, longue et délicate, qui nécessite soin et dévouement et se traduit toujours par une restitution parfaite de l'aspect extérieur du corps.

Bien que la plupart des religions acceptent le don d'organes comme un geste d'amour, beaucoup de familles se retranchent derrière des opinions religieuses personnelles pour refuser. C’est dire dans ces circonstances, le rôle rassurant et incitateur du médecin traitant ou de l’autorité vers lesquels se tournent les familles désespérées.

Pour vaincre cette réticence au don d’organes, il faut informer, expliquer « à froid » la nécessité de ce don pour que chacun se détermine dès maintenant et ne laisse pas, au moment de l'accident mortel, sa famille devant un choix douloureux. Il faut révéler l’importance de l'enjeu : 6 000 malades par an attendent de la greffe et du don d'organes le dernier recours qui les sauvera et leur permettra à nouveau une vie normale. La greffe n'est pas seulement pour les autres, chacun peut en avoir besoin pour lui même, et ou sa famille, et si l'on veut un jour pouvoir recevoir, il faut savoir donner.

Pour en savoir plus, consulter le site : www.dondorganes.fr

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